Bonne lecture !

Different vegetables  fruits and products gathered in collection.
13 Feb

La RSE dans l’agroalimentaire : on vous dit tout !

Posté à 09:02 par Catherine Roger

La RSE, qu’est ce que c’est ?

Apparue dans les années 1960, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est un concept selon lequel les entreprises contribuent de manière volontaire aux enjeux du développement durable.

En France, plus de la moitié des sociétés de 50 salariés ou plus déclarent s’impliquer dans la responsabilité sociétale des entreprises. Mention spéciale pour les secteurs de l’énergie et de l’environnement.

Quel interêt pour l’industrie agroalimentaire?

En 2015, 66% des consommateurs dans le monde se déclarent prêts à payer plus cher pour des produits issus d’entreprises engagées dans le développement durable (contre 55% en 2014). Une attente encore plus forte au sein des 21-34 ans où ce pourcentage atteint 73%.

Les crises alimentaires à répétition, la détérioration de l’environnement ou encore les problèmes de déséquilibres nutritionnels ont dégradé l’image de l’industrie agroalimentaire. En janvier 2014, une étude Ipsos a révélé qu’un français sur deux ne sait plus vraiment de quoi se composent les produits alimentaires qu’il consomme.

Les entreprises doivent donc faire face à des consommateurs qui perdent progressivement confiance en la sécurité des aliments et qui expriment un besoin croissant d’informations sur les origines, la qualité mais surtout le processus de fabrication du produit dans sa globalité.

La démarche RSE est donc un moyen efficace pour les entreprises de regagner la confiance des consommateurs grâce à plus de transparence et à un réel effort de traçabilité des produits. Elle permet également une vision globale de la performance de l’entreprise, au-delà du seul rendement financier : cette vision à moyen/long terme est source de compétitivité.

L’agroalimentaire est le premier secteur industriel à avoir réalisé cette initiative.

Et concrètement, que font les entreprises certifiées RSE?
En 2013 a eu lieu la seconde édition des Trophées RSE. Organisée par la CCI Aquitatrophees_rse_2013ine, elle est destinée à distinguer les entreprises régionales qui ont mis en œuvre une démarche exemplaire en matière de développement durable et de Responsabilité Sociétale des Entreprises.

C’est l’entreprise « Les Paysans de Rougeline » qui a été récompensée, grâce à son engagement et sa performance. Elle a été félicitée, entre autres, pour son plan de formation, l’accroissement du nombre de ses salariés, la mise en place d’éco-conception de ses produits, ou encore la mise en p
lace d’écoserre et d’actions volontaristes pour réduire notablement les impacts environnementaux.

De nombreuses autres entreprises comme BASTIDARRA s’engagent également dans une démarche RSE. Cette laiterie artisanale du Pays Basque n’utilise pas d’OGM, limite sa consommation d’engrais et a choisi d’opter pour des pots de yaourts en carton recyclable. SIKIG, producteur et distributeur de kiwis cultivés dans le Sud-Ouest a décidé de garantir la traçabilité totale de ses fruits. Le groupe Vignerons de Puiseguin Lussac St Emilion, impose quand à lui le tri et le recyclage de ses déchets, ainsi que le traitement de leurs effluents vinicoles.

L’ISO 26 000 décliné pour le secteur agroalimentaire

Début juillet, le comité technique international sur les produits alimentaires de l’ISO (ISO/TC 34) s’est réuni à Paris pour échanger sur les normes actuelles et à venir. La déclinaison d’ISO 26 000 (cf article sur rseagro.fr) pour le secteur agroalimentaire, le bien être animal et la sécurité alimentaire étaient les sujets à l’honneur, mais un projet phare (« le développement d’une norme volontaire internationale pour la mise en place d’une démarche RSE dans une organisation du secteur agroalimentaire ») a également été présenté.

LE SAVIEZ VOUS ?

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La norme ISO 26000 ne s’applique pas uniquement aux entreprises, mais à toutes les organisations. L’ISO 26000 donne ainsi des lignes directrices (et non pas des exigences) aux structures pour qu’elles opèrent de manière socialement responsable. Elle permet également de clarifier la notion de responsabilité sociétale.

Elle se décline en 7 grands principes : 

1 – La gouvernance, à savoir notamment l’intégration de la responsabilité sociale dans la stratégie de l’entreprise, l’identification et l’évaluation des parties prenantes de cette responsabilité, et sa mise en oeuvre opérationnelle. Dans l’agroalimentaire, la notion de filière est un élément central du dispositif, tant le secteur se trouve à l’articulation entre le monde de la production agricole et ses débouchés commerciaux : grande distribution, restauration, etc.

2 – Les relations et conditions de travail. L’agroalimentaire doit faire face à un déficit d’image de ses métiers et donc améliorer leur attractivité. Cela passe, par exemple, par le développement des compétences, un environnement de travail de qualité ou encore l’accueil des travailleurs saisonniers qui, dans certains cas, peuvent constituer une part non négligeable des ressources humaines de l’entreprise.

3 – Les droits de l’homme. En quoi l’agroalimentaire pourrait-il leur porter atteinte ? Là encore, les travailleurs saisonniers ou intérimaires constituent l’un des enjeux principaux. Mais se pose également, dans certains cas, le recours à la sous-traitance dans des pays en développement, voire l’installation d’activités dans ces mêmes pays.

4 – L’environnement. Ce domaine était déjà l’objet d’une grande attention du temps du développement durable ; il reste néanmoins crucial pour l’agroalimentaire, tant dans son utilisation des ressources que dans les risques de pollution qu’il véhicule et les impacts environnementaux de son activité en matière d’emballage ou de logistique.

5 – La loyauté des pratiques. Il s’agit bien sûr avant tout pour le secteur de ses relations avec l’amont agricole et de comportements d’achats responsables veillant à rétribuer justement chaque maillon de la chaîne alimentaire. La récente affaire de la viande de cheval a également remis au goût du jour les risques de fraudes sur la nature ou la qualité des produits. Reste la question des relations avec la grande distribution, dont le climat pour le moins tendu ne contribue pas forcément à cette exigence.

6 – Les questions relatives aux consommateurs. Elles sont bien sûr centrales dans le domaine alimentaire : sécurité des produits, mais aussi enjeux de nutrition et de santé, accès des populations démunies à une alimentation saine et suffisante, ou préservation des patrimoines gastronomiques.

7 – La communauté et le développement local. Par nature, et particulièrement en France, l’agroalimentaire est ancré dans des territoires ; il contribue donc à leur développement. Mais la question intègre aussi des dimensions de culture et d’éducation, en France comme à l’étranger.

Une promesse d’avenir ?

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Nous avons souhaité interviewer Linda Filone, responsable RSE et Promotion France de l’Interprofession des pays d’Oc.

L’un des enjeux principaux de la RSE est sa communication. La stratégie de responsabilité sociale est à adapter à chaque entreprise, et les études montrent que les consommateurs sont en attente de marques engagées. La recherche en terme d’informations sur les engagements sociaux et les impacts environnementaux concernant la production du produit est de plus en plus présente également.

La RSE comporte donc de réels avantages pour tous

  1. Elle permet aux entreprises de réduire leurs coûts de fonctionnement et de production
  2. Elle leur permet également d’innover tant dans les pratiques que dans les produits proposés aux consommateurs
  3. De préparer certaines évolutions réglementaires incontournables (suppression du R22, allégations nutritionnelles)
  4. De motiver les salariés et de soigner l’image de l’entreprise auprès des consommateurs

Il y a aujourd’hui plus de 200 entreprises françaises comme celles-ci qui sont considérées éco-responsables.
Découvrez plus de détails et plus d’entreprises engagées dans une démarche RSE sur http://www.rseagro.com